Thomas Chareyre : le point sur la saison 2012

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Thomas Chareyre, le Français déjà champion du monde en 2010 et multiple vainqueur par équipe du Supermotard des Nations pense qu’il a encore des choses à prouver ! Il est actuellement en tête du classement du championnat du Monde, avec une seule manche à courir au circuit Carole les 22-23 septembre. Dans une interview accordée à 17pouces.net, il livre son expérience de la saison 2012 après sa blessure, et parle de ses projets, ainsi que des relations avec son frère Adrien.

 

Bonjour Thomas ! Est-ce que tu peux nous donner ton impression sur la saison 2012 – comment ça s’est passé pour toi jusqu’à maintenant ?

Bonjour ! Ça s’est très bien passé pour l’instant. Je pensais pas être à ce niveau avec l’hiver que j’ai eu – en étant blessé, en passant plus de quatre mois sans toucher de moto, je me suis dit que le début de saison allait être difficile ; je ne m’attendais à pas gagner, je me disais qu’être sur le podium ce serait déjà beau, et qu’au fur et à mesure des courses je pourrais revenir devant pour jouer le championnat. Finalement j’ai eu pas mal de chance et j’ai su rester sur mes roues ; j’avais tellement peur de la chute, j’ai plus roulé en gérant qu’autre chose, et du coup les conditions qu’on a eues en début d’année ça a bien profité.

C’est un excellent résultat, surtout dans ces conditions – comment est-ce que tu expliques ça ?

On a une moto qui, cette année, est la meilleure du plateau. En début d’année dernière l’Aprilia était un peu inférieure, mais elle a évolué et en fin de saison elle était au-dessus. Cette année, les conditions sont différentes. Notre moto est au point, et comme Mauno Hermunen roule sur TM aussi, TM se sentent obligés de développer quelque chose de plus pour moi – c’est comme un team officiel. Pour l’instant je n’ai pas eu de grosse nouveauté, mais ça arrive ! Je le teste en championnat d’Italie, en espérant l’utiliser pour la finale [à Carole les 22-23 septembre] si ça va bien, ou pour l’année prochaine.

Est-ce que tu as repris confiance en toi ?

Au début c’était vraiment difficile mentalement, sur les courses et sur les départs en particulier j’étais un peu en panique on va dire ; à partir de la mi-saison je me suis rendu compte que ça allait bien, j’ai commencé à gagner pas seulement quand Mauno Hermunen avait un problème. En Croatie tout le monde a dit qu’il s’était fait mal, mais bon c’était une petite chute – il a fait plus son cinéma qu’autre chose. Quand, dans la semaine qui suit, il roule en cross et qu’il fait une course de pit–bike, c’est qu’il s’était pas vraiment blessé (rires).

Comment est-ce que tu vois la finale ? Est-ce que tu es-confiant pour le titre ?

Je n’ai pas roulé à Carole récemment – j’y ai roulé quand le championnat de France y venait au début des années 2000, donc voilà je connais comme ça, je sais que le circuit n’a pas beaucoup changé. Je sais qu’ils ont un peu raccourci les lignes droites et qu’ils ont modifié un peu la partie terre mais personne n’y roulera avant, ce n’est pas un problème. Confiant pour le titre, on ne sait jamais ce qui peut se passer ! Déjà l’année dernière j’étais confiant, et puis voilà, ça s’est mal terminé. Cette année j’ai 20 points d’avance, je peux me permettre de finir troisième ou quatrième dans deux manches je crois, donc sauf problème mécanique, ça laisse une petite marge.

Tu as un palmarès qui est impressionnant, et même si un deuxième titre est important, qu’est-ce qui te fait progresser ?

Eh bien déjà le deuxième titre je voulais l’avoir l’année dernière, pour prouver à tout le monde que je le méritais la première fois. Et en voyant comment ça c’est fini, j’y tiens encore plus cette année pour prouver que je le mérite vraiment.

Est-ce que tu as déjà des projets pour l’an prochain ?

Pour l’année prochaine c’est fait, j’ai déjà resigné avec TM, dans le team officiel comme cette année. On commence déjà à travailler, en particulier en préparant ce nouveau moteur pour le championnat d’Italie. Pour l’année prochaine, le programme est le même : championnat du monde et championnat d’Italie, avec peut-être quelques courses supplémentaires comme Mettet ou Tours. Je n’avais pas pu aller à Tours l’an dernier à cause de ma blessure.

Est-ce que tu suis un peu le championnat de France ?

Oui, on s’appelle beaucoup avec Sylvain [Bidart], après ses manches et après les miennes ; j’ai aussi eu l’occasion de voir les manches du championnat de France à l’Alpe d’Huez. Je trouve que le championnat de France a perdu beaucoup de prestige par rapport aux belles années d’avant, et c’est dommage. Les teams qui y participent ne viennent pas faire le championnat du monde, et en vitesse je pense que c’est un cran en dessous du championnat d’Italie.

L’an dernier tu avais eu un accrochage avec ton frère Adrien qui t’avait fait perdre le titre de champion du Monde, les choses n’ont pas été faciles ; comment ça se passe depuis avec lui, est-ce que ça va mieux ?

Non, non. Il m’a pris un peu pour un con, on va dire. J’ai essayé de mettre les choses au point l’hiver dernier, mais il ne comprend pas mon point de vue. Moi j’ai un peu tiré un trait sur cette histoire, justement en m’éloignant de tout ça, et donc c’est toujours pas mieux. Même si c’est pas facile…

Le mot de la fin ?

Je trouve que le supermotard décline un peu. Ça me ferait plaisir de continuer dans cette discipline, mais même si à 25 ans il est presque trop tard pour envisager une reconversion, pourquoi pas aller voir un peu en vitesse ou en rallye par exemple. Mais j’espère vraiment que les choses vont aller mieux en supermotard et que je pourrai continuer !

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